Vaisseau anglais - 1685

Coupe d'un Vaisseau anglais sur papier parchemin en 1685

Extrait de l'Encyclopédie de diderot

Taille unique 585 mm x 410 mm (identique au document original)

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Un peu d'histoire:

Pour trouver une politique navale suivie, il faut l'arrivée au pouvoir de Richelieu (1624). Il crée le port de Brest et fait exécuter de grands travaux à Toulon et au Havre. Règlements et ordonnances organisent l'administration et la discipline de la flotte. Signe d'un retournement de puissance, la marine anglaise échoue dans sa tentative de ravitaillement des protestants à La Rochelle. La marine royale contribue aux établissements coloniaux et aux vues stratégiques du cardinal de Richelieu pendant une importante période de la guerre de Trente Ans. Elle préfigure, par ses hommes et ses structures, le bel instrument maritime que Colbert mettra à la disposition de Louis XIV. Colbert , ministre de 1669 à 1683, accomplit une oeuvre immense; il crée le système des classes pour le recrutement des équipages; il est l'auteur de la fameuse ordonnance de 1681 qui sert longtemps de base à l'organisation de la marine de commerce ; il redonne vie à l'une des initiatives de Richelieu, les compagnies coloniales. Seignelay, par l'ordonnance de 1689, qui règle toutes les parties du service de la marine militaire, codifie l'oeuvre de son père auquel il succède de 1683 à 1690 comme Secrétaire d'État à la Marine. Dès 1672, la marine avait pris une place importante dans la politique royale. L'action de Duquesne en Méditerranée, où il s'oppose avec succès devant Augusta à Ruyter en 1674, en est bien la preuve. Désormais, la Hollande, l'Espagne et l'Angleterre doivent compter avec la puissance navale de la France. Une splendide floraison de carrières maritimes illustre le règne de Louis XIV: le chevalier Paul, Duquesne, Forbin, le comte de Tourville. La victoire de ce dernier à Bévéziers (1690), la fantastique bataille qu'il soutient devant Barfleur, le 29 mai 1692, avec 44 vaisseaux contre 99, ne sont en rien diminuées par les pertes sérieuses mais non "désastreuses" de Cherbourg et de La Hougue. Les plus grands historiens s'accordent à le dire avec l'amiral américain Mahan qui y voit la plus éclatante démonstration de discipline et de valeur militaire jamais donnée par une marine. Un an plus tard, devant Lagos, Tourville met en déroute la flotte de l'amiral Rooke. Malheureusement, une belle marine coûte cher; l'ampleur des dépenses effraie Pontchartrain, ministre de 1690 à 1699, et c'est la politique "d'économies" qui entraîne le déclin de la marine royale. Le ministre autorise la "guerre de course" où s'illustrent Jean Bart, Duguay-Trouin, Forbin, Ducasse. Cet "expédient d'un temps de détresse" ne peut remplacer l'instrument de puissance qu'était déjà une nécessaire flotte nationale.
Pendant la Régence et jusque vers 1727, la faiblesse de la marine de Louis XV permet tout au plus de garder le contact avec nos colonies. Maurepas, ministre de 1723 à 1749, s'efforce de rénover nos constructions navales et de développer la valeur des cadres de la Marine. Le résultat de ce renouveau ne s'est pas encore fait sentir quand éclate la guerre de Sept Ans (1756-1763). Malgré le courage et la ténacité d'hommes tels que Guy François de Coëtnempren, comte de Kersaint (1703-1759), elle a pour conséquences la perte de l'Inde, du Canada, des Antilles, de la Louisiane, de nos comptoirs du Sénégal. Loin de conduire au renoncement, ce déplorable résultat du traité de Paris incite le Roi et le ministre à poursuivre l'effort maritime entrepris.
Choiseul, ministre depuis 1761, promulgue en 1765 une ordonnance qui traduit l'effort de rénovation de la Marine sous Louis XV. Pendant le règne de Louis XVI (1774-1792), Sartine et Castries continuent les réformes qui mettront notre flotte en état de soutenir avec succès la guerre d'Indépendance d'Amérique (1778-1783). L'amiral d'Orvilliers tient alors victorieusement en échec l'escadre britannique de l'amiral Keppel devant Ouessant. D'Estaing, Guichen, La Motte-Picquet dans l'Atlantique, De Grasse à la Chesapeake, contribuent au succès victorieux de la République américaine, tandis que dans l'océan Indien, se déroule l'audacieuse campagne de Suffren dont le génie bouleverse les conceptions de la stratégie navale. La révolution de 1789 désorganise la marine; beaucoup d'officiers expérimentés, la plupart nobles, émigrent. Cette rupture au sein de la marine aura des répercussions jusque sous l'Empire. Au combat de Prairial, Villaret de Joyeuse réussit, au prix de lourdes pertes, à assurer l'entrée à Brest d'un précieux convoi. Le 1er août 1798 des trésors d'héroïsme n'empêchent pas la victoire de Nelson à Aboukir. Et celui-ci, sept ans plus tard, écrase les forces de l'amiral de Villeneuve devant Trafalgar (21 octobre 1805). malgré des moyens encore puissants, Napoléon renonce - tout comme Louis XIV jadis - à détruire la puissance navale anglaise et soutient une implacable guerre au commerce. On voit reparaître les corsaires dont le plus célèbre est Robert Surcouf.

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